Le chantier de la réforme de la maturité est ouvert. La conférence des président-e-s de la SSPES (Société suisse des professeur-e-s de l’enseignement secondaire) empoignera ce dossier dans sa prochaine réunion à Olten le 25 mars prochain. Au coeur de la réforme voulue par la CDIP, il y a l’obligation pour tous les cantons de mettre en oeuvre une école de maturité en 4 ans. Nous devrons mener ce débat à la SVMS et à SUD-Education.

Pour l’heure, nous mettons en évidence un récent article du Bulletin de la SVMS, qui rappelle que la question du nombre d’années de l’école de maturité ne se limite pas à amener les seuls Cantons de Vaud et de Neuchâtel à 4 ans. A l’article qui suit, paru dans le Bulletin d’octobre 2019, nous ajoutons le tableau de synthèse du déroulement de la scolarité dans les cantons suisses, produit par un de nos délégués.

Trop de formation générale? Ou pas assez?

Dans la revue Patrons (n°6, 2019, pp. 4-6), sous le titre « Orientation et formation professionnelle: agir pour éviter l’orage », le Centre patronal se désespère du choix trop “académique” des élèves à la suite de l’école obligatoire. Il souhaite « valoriser la formation professionnelle. » La revendication est connue. Il omet toutefois soigneusement de parler de l’âge d’entrée en apprentissage (plus de 18 ans aujourd’hui) qui n’est pas que le résultat du choix tardif de la formation par les jeunes, mais aussi du fait que les employeurs ne prennent pas (ou plus) des apprenti-e-s (trop?) jeunes. Par ailleurs, de nombreuses formations nécessitent une entrée tardive ce qui impose donc un passage par l’enseignement général du secondaire II (structure de transition, gymnase, etc.) dans des secteurs d’activité qui présentent une forte demande de main d’oeuvre, par exemple dans la santé ou le secteur social. C’est une des raisons pour lesquelles nous souhaitons l’ouverture du débat sur la formation obligatoire jusqu’à 18 ans.

A l’inverse des patrons, dont il est pourtant un ressortissant, le Directeur général Eperon déclarait dans 24 Heures du 19 septembre dernier que « Le gymnase en 4 ans, c’est déjà la norme en Suisse. » Quoi qu’on pense de cette idée, il se trouve que la situation n’est pas aussi simple. En réalité, seuls 7 cantons ont un gymnase en 4 ans après 11 ans de scolarité obligatoire (Argovie, les deux Bâle, Fribourg, Genève, Tessin et Valais), soit 15 ans de scolarité au total pour les élèves de maturité. Dans la plupart des cantons, la durée totale de la scolarité pour les élèves de maturité est de 14 ans Cinq cantons (Berne-FR, Glaris, Jura, Neuchâtel, Vaud, Zürich) font suivre les 11 années de scolarité obligatoire (dont 3 pour le secondaire) de 3 ans de maturité, mais il est vrai qu’à Zurich et Glaris les élèves sont déjà au gymnase dès la 9e année. Le gymnase y dure donc 6 ans, dont 3 sont pris sur le temps de la scolarité obligatoire. L’autre modèle dominant est constitué de 10 ans de scolarité obligatoire (11 pour les élèves qui ne vont pas en maturité) et de 4 ans de maturité. Cela concerne 10 cantons: Berne-D, Grisons, Lucerne, St-Gall, Shaffouse, Soleure, Schwyz, Thurgovie, Uri et Zoug. Il y a même 4 cantons dont la durée totale de scolarité n’est que de 13 ans pour les élèves qui poursuivent l’obtention de la maturité, l’un avec une maturité en 4 ans (Appenzell-AR), les 3 autres avec une maturité en 3 ans: Appenzell-IR, Nidwald, Obwald. Certes, 18 cantons ont une maturité en 4 ans mais au prix d’une scolarité obligatoire en 10 ans au lieu de 11, en violation de l’accord intercantonal HarmoS et plus particulièrement d’une scolarité secondaire en 2 ans au lieu de 3. Nous participerons bien entendu au débat sur le gymnase en 4 ans, pour autant que la DGEP se mette à jour ses connaissances sur le système scolaire suisse.

 

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